Sept eurodéputés sanctionnés pour avoir soutenu le droit de grève des interprètes du Parlement européen - Marie Arena
Le 3 juillet, des parlementaires de tous les groupes politiques se sont exprimés pour défendre les droits des travailleurs à l’intérieur du PE. Les parlementaires qui défendent les droits des travailleurs à l'intérieur des institutions sont sanctionnés plus forts que les parlementaires fascistes au sein du Parlement européen
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Sept eurodéputés sanctionnés pour avoir soutenu le droit de grève des interprètes du Parlement européen

Au Parlement européen, non seulement on refuse le droit de grève aux interprètes, mais on sanctionne les eurodéputés qui s’en offusquent. L’eurodéputé Génération.s Guillaume Balas nous explique la situation.

Depuis le début du mois de juin, les interprètes du Parlement européen – et Dieu sait s’ils sont indispensables au bon fonctionnement de la machine UE et ses 24 langues officielles – sont en grève, du moins essayent-ils. Ils protestent principalement contre le rythme de travail, qu’ils jugent trop dense, d’autant plus que l’administration du Parlement veut augmenter leur temps en cabine d’interprétation, de 7h à 7h30.

Début juillet, les interprètes interpellaient les eurodéputés dans une lettre ouverte, avec effets puisque le 3 juillet, plusieurs parlementaires venaient interrompre la séance plénière en coupant les micros. L’action aura duré une quarantaine de minutes. Le président du Parlement, Antonio Tajani, regrettait alors que des eurodéputés aient voulu « jouer un rôle de syndicaliste ».

Que s’est-il passé au Parlement européen et quels sont les eurodéputés concernés ?

Guillaume Balas. Hier, la socialiste Belge Marie Arena, le démocrate-chrétien Belge Claude Rolin, le démocrate-chrétien Luxembourgeois Georges Bach, José Bové, Edouard Martin, Isabelle Thomas et moi-même avons reçu une lettre nous expliquant que Monsieur Tajani a décidé de nous sanctionner pour notre action lors de la dernière session. Il s’agit tout d’abord de sanctions financières, mais surtout, pendant cinq jours, nous n’avons plus le droit d’exercer nos droits de parlementaires, de travailler, de faire autre chose que voter en plénière. Cette sanction est bizarrement argumentée, car c’est une punition pour avoir arrêté la bonne marche du Parlement – pendant 40 minutes – et là, en nous arrêtant cinq jours, ils empêchent des réunions de se tenir, donc cela accroît le fait que le Parlement ne puisse bien fonctionner.

Pourquoi soutenez-vous les interprètes dans leur grève ?

Il y a un changement de statut pour les interprètes qui ne leur convient pas. On ne juge même pas du bien-fondé de ce changement de statut. Mais il n’y a pas eu de négociations sociales, du coup il y a eu une grève qui perturbait le fonctionnement du Parlement. C’est alors que le Parlement est passé à la réquisition. Cette réquisition est un scandale qui ne respecte pas les règles internationales sur le droit de grève. Nous défendons un principe très simple : le droit absolu qu’est le droit de grève des salariés. On n’est pas dans une dictature où, quand des salariés ne sont pas d’accord avec un projet et utilisent le droit de grève, on les entrave.

Qu’est-ce que cet épisode dit du fonctionnement du Parlement européen et, plus largement, de l’état de l’Union européenne ?

Quand Viktor Orban [le Premier ministre Hongrois, NDLR] réduit les droits de ses citoyens, quand il se passe la même chose en Pologne, on voit les tergiversations de l’Union européenne. En revanche, quand il a fallu mettre au pas la Grèce ou s’attaquer aux droits des citoyens européens, notamment des salariés, sur recommandation de Bruxelles, là, il n’y a eu aucune hésitation. Là, avec les interprètes, c’est la même chose et c’est insupportable.

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