Al Hoceïma : Mais finalement que demandent-ils ? - Marie Arena
Au Maroc aussi les revendications sociales s’expriment pour garantir une vie plus digne et des perspectives pour la jeunesse. La répression n’est pas la solution.
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Al Hoceïma : Mais finalement que demandent-ils ?

Fin octobre 2016, la mort de Mohcin Fikri, un jeune vendeur de poisson broyé accidentellement dans une benne à ordure a mis le feu dans la province d’Al-Hoceima. Sa mort réveillait les injustices sociales et politiques vécues dans cette région depuis plus de 60 ans. Malgré les efforts consentis par le roi Mohamed VI, la frustration et le sentiment d’abandon restent bien présents dans le chef des habitants de cette région de résistance et de tradition.

Depuis plus de 7 mois, la contestation s’organise pacifiquement autour du Hirak (Mouvement) et de son leader Nasser Zefzafi arrêté, après son irruption dans une mosquée de la ville. S’en sont suivies des centaines d’arrestation, des jugements assortis de peines lourdes (à partir de 18 mois de détention) et une concentration policière et militaire sans précédent dans la région constituant souvent une entrave à la liberté d’expression et de rassemblement.

Pourtant le message reste clair : «la contestation continue et de manière pacifique».

Mais finalement que demandent-ils ?

Leurs revendications portent sur une meilleure prise en considération des besoins des provinces «isolées» telle celle d’Al Hoceima dans les politiques sociales, d’éducation, culturelles, médicales et économiques. Et, depuis les arrestations, ils demandent des droits auxquels chaque citoyen peut prétendre, à savoir ses droits civiques, la lutte contre l’impunité et la corruption ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques, la fin de la torture et des violences policières … Finalement, quoi de plus normal pour des citoyens que la volonté de se soigner, de travailler, de s’éduquer et de s’exprimer librement ? Il en va de l’avenir d’une région et d’un pays.

Nos relations avec le Maroc et la région du Sud de la Méditerranée sont fortes, tant de pays à pays, mais aussi entre l’UE et le Maghreb et le Maroc en particulier. Elles se matérialisent par de nombreux accords tous basés sur le développement économique et social de la région dans un climat de paix, de sécurité et de stabilité dans le respect des principes fondamentaux des droits humains.

La crise d’Al Hoceima demande davantage d’efforts de notre part et doit être mise à l’ordre du jour de tous les débats régissant ces accords afin d’utiliser tous les leviers qui permettent de rencontrer les objectifs du développement décentralisé. En cette fin de Ramadan nous espérons un geste de la part des autorités Marocaines à savoir tout d’abord la libération des prisonniers politiques. Ce geste symbolique sera une première étape qui devrait permettre de s’asseoir autour de la table, de renouer le dialogue et de s’attaquer en profondeur aux problèmes qui minent cette région.

Il en va de la stabilité d’une région, d’un pays mais aussi et surtout du respect des droits de tout citoyen qui a besoin d’espoir pour vivre.

 

Marie Arena, députée européenne, Jamal Ikabzan, députée de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Fatiha Saidi, échevine à Evere, Simone Susskind, députée du Parlement bruxellois

 

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