La lutte contre l’antisémitisme est une nécessité en Europe mais la résolution du PE n’est pas satisfaisante pour les eurodéputés socialistes belges - Marie Arena
La lutte contre l’antisémitisme en Europe ne doit pas passer par la suppression de toute critique de la politique israélienne, qui serait considérée comme une forme d’antisémitisme.
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La lutte contre l’antisémitisme est une nécessité en Europe mais la résolution du PE n’est pas satisfaisante pour les eurodéputés socialistes belges

Ce jeudi 1 juin le Parlement européen a adopté, à une large majorité, une résolution qui demande l’adoption de mesures concrètes pour lutter contre l’antisémitisme en Europe.

On observe effectivement une recrudescence des actes antisémites sur le territoire européen et, de manière générale, une certaine banalisation du racisme et de la xénophobie.

L’histoire européenne du siècle passé est entachée par les pires actes antisémites et xénophobes qui ont conduit à l’extermination de millions de juifs pour le simple fait qu’ils étaient juifs.

Au regard de cette sombre page de notre histoire, il nous incombe une double responsabilité :

1. Celle de veiller à ce que l’antisémitisme et la xénophobie soient combattus efficacement dès leur apparition

2. Et celle de garantir un vivre ensemble porteur de valeurs de tolérance et d’ouverture pour chaque citoyen et citoyenne européen.

Il est dès lors inadmissible que certains eurodéputés aient instrumentalisé ce débat  pour véhiculer des propos haineux et racistes à l’égard d’autres religions. Cette attitude est non seulement inadmissible mais elle desserre la cause que nous souhaitons défendre à savoir la tolérance.

La délégation socialiste belge déplore aussi le fait que la définition de l’antisémitisme adoptée dans cette résolution est extrêmement ambiguë. En effet, s’il est utile de définir le plus précisément possible les actes qui peuvent être classés comme antisémites, il est dangereux de politiser cette définition. Or la référence à la définition de l’IHRA (International holocauste remembrance association) et surtout les exemples qu’elle fournit est extrêmement politique et tend à assimiler toute critique de la politique israélienne à une forme d’antisémitisme. Ce qui nous semble être une grave atteinte à la liberté d’expression mais aussi s’avère être contre-productif.

C’est pourquoi nous avions proposé de reprendre une définition expurgée de ses exemples qui la rendent ambiguë et impraticable.

Nous regrettons que cette proposition n’ait pas été partagée par une majorité de parlementaires européens car pour nous la lutte contre l’antisémitisme n’est pas une question de groupe politique mais bien un combat pour les valeurs fondamentales de l’Europe.

Maria ARENA, Marc TARABELLA, Hugues BAYET