L'Union européenne attend-elle l'annexion complète de la Cisjordanie pour agir ?
Le 6 février, Israël a voté une loi légalisant la saisie de centaines de terres palestiniennes, avec effet rétroactif sur les 4 000 logements construits illégalement dans les colonies. Cette loi remet en cause la solution de paix à deux Etats appuyée par l'Union européenne
Israël, Palestine, Droit international, droit de l’homme
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L’Union européenne attend-elle l’annexion complète de la Cisjordanie pour agir ?

Marie Arena, eurodéputée belge (S&D, sociaux-démocrates), revient sur le débat du Parlement européen du 14 février, sur la politique d’expansion territoriale d’Israël. Le 6 février, le pays a voté une loi légalisant la saisie de centaines de terres palestiniennes, avec effet rétroactif sur les 4 000 logements construits illégalement dans les colonies. Cette loi remet en cause la solution de paix à deux États appuyée par l’Union européenne.

Quelle est la position du Parlement européen sur la loi israélienne légalisant les colonies ?

Le Parlement a trouvé important de débattre de la régularisation a posteriori des colonies en Cisjordanie par Israël et des nouvelles constructions débutées depuis janvier. L’Union européenne a actuellement un accord d’association avec Israël fondé sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques.

Mon groupe, les sociaux-démocrates du S&D, demande que des solutions soient trouvées sur cette base, y compris une éventuelle suspension de l’accord si Israël continue sa politique d’expansion territoriale illégale. Il faut utiliser les outils qui sont à notre disposition pour faire pression sur le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Nous devons agir pour que la loi internationale soit effectivement respectée, sinon nous nous mettons nous-mêmes en désobéissance avec cette loi.

Peut-on sanctionner Israël ?

Il y a deux poids, deux mesures. Lorsque les Russes annexent la Crimée, on prend des mesures de rétorsion immédiates vis-à-vis de la Russie. Je comprends qu’il y ait une sorte de culpabilité européenne avec Israël, l’histoire explique cela, mais elle ne peut conduire à relativiser les droits de l’Homme.

L’Union européenne attend-elle l’annexion complète de la Cisjordanie pour agir ?

Nous devons être cohérents avec les politiques menées. Par exemple, nous ne pouvons pas condamner la politique d’annexion tout en acceptant que les produits issus de ces territoires occupés soient commercialisés en Europe.

Selon vous, pourquoi est-il important que le Parlement européen se prononce sur Israël ?

Mon groupe demande une résolution sur Israël afin de trouver une ligne directrice commune. Mais le PPE (centre-droit) et l’ALDE (libéraux) refusent. Ils préfèrent le dialogue aux sanctions, mais il y a des limites. Le Parlement condamne depuis longtemps le conflit israélo-palestinien sans que ces expressions n’aient de poids face à notre partenaire.

Il est important que Fédérica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, puisse connaître la position politique du Parlement européen sur les actions extérieures. Une résolution lui permettrait d’avoir une voix officielle plus forte devant le Conseil pour soutenir sa démarche.

 

Retrouvez cette interview de Florie Cotenceau sur cuej.info

 

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